Extrait du contrat de mariage de François Fervac dit Larose et d' Aimable Reeves, son épouse


Par devant les notaires publics de la ville et du district de Montréal dans la Province du Bas-Canada, soussignés.

Furent présents: François Reeves dit LaRose, garçon majeur et usant de ses droits, fils du défunt Honoré Fervac et d'Agathe Lacroix ses père et mère, demeurant en la paroisse de la Pointe-aux-Trembles. Stipulant pour lui et en son nom d'une part;

Et Aimable Reeves, fille majeure de Joseph Reeves et Angélique Delpé dit Pariseau, demeurant en l'isle Ste-Thérèse de la Pointe-aux-Trembles, d'autre part.

Lesquelles parties, de l'avis et agrément de leurs parents et amis pour cette assemblée; savoir de la part du dit François Fervac, de Nicholas Archambault et Jean-Baptiste Archambault ses amis. Et de la part de la dite Aimable Reeves, de son dit père, de Joseph et de Martin Reeves Michel Pariseau, Desanges Gauthier, Joachim Pariseau ses oncles et tantes, Joseph Chevrier son ami, ont fait et accordé entre elles, les traités et conditions du mariage qui en suivent:

C'est à savoir que le dit François Fervac et la dite Aimable Reeves ont promis se prendre pour futurs et légitimes époux au nom et voix de mariage, pour iceluy faire célébrer en face de notre Mère la sainte Église. Sitôt qu'une des parties en requerra l'autre et qu'il sera avisé et délibéré entre eux, leurs parents et amis.

Seront les dits futurs époux unis et communs en tout biens meubles et conquet immeubles qu'ils auront et feront durant et comptant leur dit futur mariage aux us et coutumes de Paris anciennement suivies en ce pays suivant laquelle leur dite future communauté sera régie et gouvernée, encore qu'ils fassent ci-après leur demeure, ou des acquisitions en pays de lois, la coutume contraire auxquels ils ont expressément renoncé et dérogé par les présentes.

Ne seront, néanmoins, les dits futurs époux, tenus des dettes l'un de l'autre, faites et créées sur ses biens, sans que l'autre, ni ses biens, en soient aucunement tenus ni recherchés.

Le dit futur époux a doué et doue la dite future épouse de la somme de trois cents livres ou schelling de vingt coppes de douaire préfix à une fois payé et sans retour à prendre sur les plus clairs et apparents biens du dit futur époux, sitôt que douaire aura lieu sans être tenu de la faire demander en justice. Le préciput sera égal et réciproque en faveur du survivant des dits futurs époux, de cent cinquante livres ou schellings sus de prendre en deniers comptants ou en meubles de la dite future communauté ou au choix du dit survivant suivant la prise de l'inventaire hors part et sans criée.

Prendra en outre, le dit survivant, la chambre et lit garni tels qu'ils se forment ensemble pour lors, les linges et hardes à son usage et pour le dit futur époux, ses armes et pour la dite future épouse ses bagues et joyaux.

Advenant la dissolution de la dite communauté, soit par la mort ou autrement, sera loisible à la future épouse et aux enfants qui naîtront du dit futur mariage, de l'accepter ou y renoncer et en cas de renonciation remporter franchement et . . . .

Quittement tout ce qu'elle justifiera y avoir apporté et tout ce qui lui sera cédé et devenu pendant icelle, soit par succession, donation, legs ou autrement ensemble, ses douaires et préciputs tels que dessus, sans être tenue d'aucune dettes ni hypothèques de la dite future communauté, ou encore qu'elle y eut porté, s'y fut obligée ou y eut été condamnée, dont elle sera indemnisée par le dit futur époux et sur ses biens pour quelles indemnités et autres conventions du présent contrat elle aura son hypothèque de ce jour, se prennent les dits futurs époux avec leurs biens et droits sans plus ample désignation.

Déclare le dit futur époux qu'il a lui appartenant de son acquit, une terre sise en la seigneurie de la Mascouche de deux arpents de front sur trente de profondeur, tenant par devant à la rivière St-Roque, par derrière au ruisseau St-Jean, d'un côté à Joseph Larivière et d'autre côté Jean Jean avec une maison et une grange dessus construites. Laquelle terre, le dit futur époux a ameublé afin de la faire tomber en la dite future communauté comme conquit d'icelle. et en faveur du dit futur mariage, le dit Joseph Reeves, tant en son nom, que comme se portant fort pour la dite Angélique Delpé son épouse par laquelle il promet faire agréer et ratifier, à faire a promis donner à la dite Aimable Reeves, sa fille, ce acceptant en avancement d'hoirie et dont sera tenu faire rapport à leurs successions futures, savoir, un lit garni hors le tour du lit, un buffet fermant à clé, un métier à toile, une vache, un cochon de dix-huit mois, une mère moutonne et son petit, item, une marmite, une poêle, six assiettes de grès, six cuillères d'étain et six fourchettes d'acier, six poules et un coq.

Et pour la bonne amitié que les dits futurs époux se portent l'un à l'autre ils se sont fait ce jour, par les présentes donations viagères mutuelles égales et réciproques au survivant d'eux ce acceptant que tous et un chacun, les biens meubles et immeubles acquits, conquits et propres qui se trouveront être et appartenir au premier mourant des dits futurs époux au jour et heure de son décès de quelque nature qu'ils soient et a quelque somme qu'ils puissent monter, consister et valoir pour de tous les dits biens par le dit survivant en jouir, en usant avec durante à sa caution juratoire et en faisant bon et loyal inventaire.

La présente donation aussi faite pourvu toutefois qu'au jour et heure du décès du dit premier mourant et n'ayant aucun enfant né ou à naître du dit futur mariage ou qui en ayant, ils vinssent à décéder avant d'avoir atteint l'âge de majorité ou d'être pourvus par mariage ou autrement, auquel cas la présente donation reprendra sa première force et vertu car amale et pour faire insinuer les présentes par tout au besoin sera les dites parties, ont constitué leur procureur et porteur auquel et pour l'exécution, ils ont élu leur domicile en leur demeure ordinaire auquel lieu se promettant et obligeant renonçant et fait et payé à Boucherville en la Maison du Sieur Pierre Wilbrenner, capt de milice.

 

Le 13 février 1802 Jean-Baptiste Gauthier, notaire


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