Le Père Ludovic La Rose, O.M.I.

Traduit du Western Catholic Reporter

 

« C'était le bon temps ! » se souvient le Rév. Père Ludovic La Rose, 91 ans, qui vint dans l'ouest en 1912. « Nous étions tous comme des amis. Quand vous voyagiez dans ce pays, si vous aviez besoin de quelque chose à manger, toutes les portes étaient ouvertes, même s'il n’y avait personne à la maison. Vous mangiez à votre faim, laissiez une note de remerciement et tout était bien ».

Interviewé au Foyer Grandin, la résidence des Oblats à St-Albert pour prêtres retirés, le Père La Rose s'amuse du fait qu'un des reporters ne peut croire qu'il ait 91 ans. « Mais c'est vrai » dit-il. « Je suis né à Montréal le 23 septembre 1880. » Puis, en haussant les épaules il ajoute « Je deviens paresseux. Je ne peux faire autant qu'autrefois. » Il jette un coup d'oeil par la fenêtre sur l'église en briques rouges, juste en face. C'est l'église St-Albert qui domine l'environnement élevé et se détache sur l'horizon. « Maintenant, je ne pourrais terminer cette église, comme je l'ai fait la première année que je vins à St-Albert en 1921. » Il explique que l'église, commencée par Mgr Grandin, en 1901 pour servir de cathédrale au siège de St-Albert, se résuma à un sous-bassement avec un toit pendant 20 ans. Entre temps, le Siège épiscopal fut déménagé à Edmonton.

« Je décidai de finir l'église » dit le père La Rose. « Je n'avais pas beaucoup d'argent mais les fermiers étaient généreux ». Les plans originaux de l'église prévoyaient deux transepts et deux clochers mais il changea les plans. Le bois commandé par Mgr Grandin pour le toit de la cathédrale avait servi tout bonnement à construire le toit du sous-bassement. Alors le père La Rose posa comme condition au contracteur qui finirait l'église, que le toit serait élevé de 35 pieds.

« Nous l'avons fait.» dit-il avec fierté. «Oh j'étais là moi aussi! Nous utilisâmes quatre vérins, un à chaque coin. Mais nous eûmes la frousse quand un vent s'éleva soudainement nous forçant à retenir le toit avec des câbles.» Ce fut durant son terme comme curé de St-Albert que ce qui devait devenir le Foyer Grandin fut briquelé. Le père La Rose montrant le radiateur à l'eau chaude dans le parloir, "Vous voyez ça?" dit-il «Je les ai achetés pour 3$ pièce, quand ils ont démoli cet hôtel au coin de Jasper et la 101e rue, là où se trouve maintenant une banque. Quand j'arrivai ici, chaque père avait un petit poêle dans sa chambre en haut -- c'est pourquoi il y a cinq cheminées sur l'emplacement -- mais on y gelait encore. Alors j'ai installé le chauffage à l'eau chaude.»

Puis il se mit à rire. «Un jour, un des prêtres me dit « C’est trop chaud dans la maison maintenant ». Je lui dis « ne t'inquiète pas, nous allons y voir ». Le lendemain, pendant qu'il était sorti, avec l'aide d'un autre prêtre, nous l’enlevâmes le thermomètre et le réglâmes plus bas. Quelques jours plus tard je lui demandai s'il faisait encore chaud. « C’est beaucoup mieux depuis que vous avez réduit le chauffage ».

 Ordonné prêtre en mai 1907, le père La Rose enseigna quatre ans au Collège St-Patrick de Jaffna, Ceylan, avant d'être envoyé à Saskatoon en 1912. Il vint à la paroisse St-Antoine, Edmonton en 1917 et en 1921 fut nommé curé de St-Albert. Nommé curé de St-Paul, Alberta, en 1926, il construisit l'église qui devint la cathédrale du diocèse. Plus tard, après six ans comme trésorier provincial des Oblats, il servit comme curé de New Battleford durant 13 ans, avant de retourner à St-Albert où il devint maître des retraites à la maison de retraite L'Étoile du Nord.

 « J'étais heureux où que je sois » dit le père La Rose. « Nous travaillions fort, mais les gens étaient bons. Et je pense que tous les troubles et les problèmes d'aujourd'hui se règleront après quelque temps. Nous traversons une période transitoire ».

 

Certificat de baptême de Ludovic La Rose

 

 


(suite mot biographique)

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